Sur la planète Epsilon Prime, 2189. Les cieux étaient constellés de satellites dormants, vestiges de la Grande Migration numérique. Chaque nuit, les cités s’illuminaient d’un halo turquoise, effet secondaire des flux quantiques alimentant l’urbanité vivante: dans les rues, la brume ne cachait plus les passants, elle interrogeait leur identité.
Ada, programmeuse-rebelle, réactiva une vieille antenne clandestine. L’air vibra d’un son oublié, archaïque même pour les machines? Un disque vinyle, transmis sur toutes les bandes interdites. Dans cette société où les souvenirs s’archivaient, se filtraient, puis s’effaçaient pour garantir la paix, Ada cherchait à réveiller la mémoire collective dans un
nouveau livre.
«Dans la brume, tout est souvenir» ! La voix synthétique de la cité-mère résonna, mais pour la première fois, le flux devint vacillant: un pixel de liberté déjouait l’ordre du système. Bientôt, les habitants commenceraient à rêver. Bientôt, ils se souviendraient de ce qu’on leur avait volé : l'envie d'imaginer un avenir incertain.